Dans La Chambre du huitième, Jean-Claude Le Chevère explore les secrets de famille et les héritages de l’Histoire dans un récit délicat entre Paris et la Bretagne.
Je découvre ce livre en ouvrant d’abord les pages au coupe-papier, à l’ancienne… Puis j’entre dans le récit comme le narrateur : par l’escalier. Cet escalier de huit étages qui mène aux chambres de bonnes, comme dans cette rue d’un immeuble du 16e arrondissement parisien. Le narrateur suit la jeune femme qui a bien voulu lui en ouvrir la porte, pour les besoins de son enquête. Le charme manque de se briser lorsque le narrateur se livre à des observations sur les mollets de la jeune femme qui le précède – trop musclés pour sa stature, pense-t-il. Je me dis : « Jean-Claude, on va pas être copains… » Je ne vais quand même pas m’arrêter au bout de dix lignes et fort heureusement le narrateur se reprend. Non seulement les mollets ne seront plus jamais un sujet mais surtout le récit mêle ensuite avec habileté et poésie histoire, portraits de générations différentes, secrets de familles, héritages de l’Histoire. L’auteur déambule entre Paris et la Bretagne, avance avec la délicatesse qui s’impose face aux souvenirs et l’intimité des personnes. C’est donc tout à fait réconciliée que j’ai refermé ce joli livre qui continuera de m’accompagner encore un temps certain.
Laurence
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