En lice pour le Prix Louis Guilloux 2026, Éric Vuillard fait mordre la poussière à l’un des mythes fondateurs du far west.
Billy the Kid. La légende, le mythe. Et s’il n’en était rien ? Rien de sûr du moins. Rien que des racontars de comptoir crasseux, des fables, des cancans de saloon. Aurait-on tordu la réalité pour une poignée de dollars ? Éric Vuillard nous relate les faits, froids, de la vie du Kid et de sa bande, au cœur de l’Ouest américain de la fin du XIXe siècle. Et ce que l’on sait, c’est que l’on ne sait finalement pas grand-chose de la vie de ce gamin. Né le 23 novembre 1859, probablement à Manhattan, peut-être à Brooklyn, il est un héros à l’envers, dépossédé de sa propre histoire, le rendant plus orphelin encore. Parfait bouc émissaire pour incarner le desperado, figure mythique de la grande histoire des États-Unis d’Amérique. Ce livre se lit comme on écoute un ami nous raconter sa dernière désillusion. Avec attention. On fronce les sourcils devant cette vertigineuse remise en question du grand récit. De la vie de héros à celle de rebus de la société, il n’y a qu’un pas, dans la poussière.
Emma
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