Un forêt, des oiseaux, la dénazification à marche forcée et des paysages désolés, bienvenue dans l’enfer d’une Allemagne à genoux dans un texte en lice pour le Prix Louis Guilloux 2026.
C’est une fable qui nous plonge dans le paysage dévasté de l’Allemagne d’après-guerre. Le pays est sous administration alliée et la dénazification bat son plein. À Brême, ruines et horizons vides forment un décor sordide et désolé à un texte dont l’essence presque kafkaïenne illustre parfaitement l’absurdité humaine. Nous sommes en 1947 et le capitaine Lenz, juriste de l’armée américaine, est dépêché sur place pour apporter son expertise à une commission de dénazification dont les débats portent sur un bien étrange phénomène : dans une forêt proche de la ville, une population de mainates chante en continu le Horst-Wessel-Lied, hymne du IIIe Reich, après avoir vécu pendant des années en compagnie de centaines de soldats SS qui s’entrainaient dans leur habitat naturel… Absurdes et stériles, les débats de la commission portés par une galerie de personnages tristement grotesques s’enlisent inévitablement dans un maëlstrom vide de sens, à l’image d’un narrateur errant dans une ville où monceaux de gravats et rescapés fantomatiques forment les seuls reliefs. Une saillie littéraire sombre et malaisante qui retranscrit parfaitement la veulerie de l’être humain incapable de faire face à ses propres démons…
Marc
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