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Yoann Lossel, ou le danger des fées

6 décembre 2018

Livre d’art : Beowulf

Yoann Lossel, ou le danger des fées


Beowulf, soit le nom d’un puissant guerrier venu au secours du monarque danois Hroðgar, dont le royaume est ravagé par le terrifiant Grendel. Un monstre derrière lequel se devine une créature plus terrible encore.


Écrit en ancien anglais autour du VIIIe siècle, ce poème épique est l’étalon-maître absolu de toute la fantasy moderne. Tolkien en fit la source de son Seigneur des anneaux, et, depuis plus de deux siècles, il inspire les plus grands peintres et illustrateurs anglo-saxons. Mais c’est à un artiste installé en Bretagne, Yoann Lossel, que les prestigieuses éditions américaines Easton press ont récemment offert d’interpréter le récit, pour un livre d’art exceptionnel et une vision qui feront date, les peintures de Lossel soulignant comme rarement la puissance dramatique et la magie de ce récit intemporel.


Une reconnaissance de plus pour ce créateur aussi discret chez nous que renommé mondialement, en témoigne la litanie de prix reçus récemment encore dans les pages et par les jurys d’Infected by art ou de l’Art Renewal center, pour ne citer que quelques-uns des porte-voix de l’art fantastique contemporain. Et l’affaire n’est pas nouvelle : il y a plus de trois ans, Lossel était du groupe d’artistes bretons (Alice Dufeu, David Thiérrée, Olivier Villoingt, Virginie Ropars et Bastien Lecouffe- Deharme) ayant eu les honneurs de la très tendance galerie Krab Jab Studio de Seattle, aux États-Unis, pour une exposition, Brittany to Cascadia, qui célébrait le légendaire de Bretagne comme source d’inspiration !


Un tel consensus autour d’un artiste en dit long, dans un genre où la concurrence est pourtant rude, tendue entre quelques créateurs de « légende » et une multitude d’artistes de tous horizons. Décuplée par l’évolution des technologies numériques et alimentée par une insatiable demande de divertissement, l’appétence pour les mondes et créatures imaginaires s’affiche sans relâche sur tous les supports : jeu vidéo et sur table, cinéma, littérature et bande dessinée, ou même le tatouage ou les bijoux… Mais vouloir illustrer le Merveilleux et la fantasy est une chose. C’en est une autre que de savoir s’échapper des canons d’un genre menacé d’une standardisation aussi évidente que pénible.



The Rise © Yoann Lossel

Voilà en quoi l’oeuvre de Yoann Lossel se distingue d’emblée. Par l’évidence d’un talent rare, nourri des grands maîtres et en même temps singulier, rappelant avec quelle force le dessin, fût-il réaliste, peut créer l’émotion. Loin, très loin, de l’académisme suranné dans lequel on l’emprisonne encore, parfois. Les peintures de Yoann Lossel – car il s’agit bien de peinture - imposent en outre un silence précieux. Celui des sources et de ruines, créant la sensation qu’une fois parvenu à la lisière des images, les mots seraient de trop. Comme si nous n’étions que tolérés par ces créatures tissées d’or et de pénombre. Comme si c’était nous qui étions scrutés par l’autre monde, et pas l’inverse. Comme si Yoann Lossel, en émissaire, rappelait le danger qui menace l’irrévérence de qui croise le regard des fées.


Du latin fatum, destin.


- Arnaud Flici


Beowulf, édition limitée (en anglais) illustrée par Yoann Lossel, traduction de Frederick Rebsamen, Easton press, 2017, 228 pages


De son atelier en lisière de Brocéliande, Yoann Lossel conçoit et
propose à la vente des tirages d’art de ses oeuvres les plus
importantes. yoannlossel.com


 


Image haut de page : Diane © Yoann Lossel

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