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Denys Moreau, comique strip

26 mars 2020
Denys Moreau, comique strip


Tout a commencé comme dans l’une de ses histoires, quand il a débarqué un matin au bureau en s’excusant presque de nous déposer quelques-uns de ses travaux. A l’intérieur du sac en papier, deux exemplaires d’un fanzine comme on en croise peu en 2020 et un roman graphique intitulé Lendemain de cuite avec Lucrèce. Tout un programme…


Denys Moreau (c’est son nom), 33 ans (c’est son âge) est artiste-auteur. Un terme qu’il déteste. « Artiste c’est très vague et prétentieux et auteur c’est prétentieux ». A l’écouter, sa vocation actuelle lui serait presque venue par hasard, au fil des rencontres et aléas de l’existence. « J’étais plutôt doué pour la biologie et me suis donc orienté vers des études d’agronomie. Mais la perspective de devenir ingénieur agronome ne m’enchantait pas vraiment… ». Le dessin était donc jusque-là une petite passion qu’il réservait à son entourage. Plutôt qu’un déclic, c’est la fréquentation de milieux alternatifs dans les années 2000 qui l’a petit à petit orienté en dehors des sentiers battus. « Avec quelques amis, nous avons monté en Normandie une ferme collective spécialisée dans le maraîchage et l’arboriculture. C’était un lieu dans lequel les discussions philosophiques et politiques étaient très fréquentes et l’activité à la ferme me laissait pas mal de temps pour écrire et dessiner. » Progressivement, de collaborations (illustrations pour les éditions La Robe noire) en réflexions (c’est à cette époque qu’il imagine ses premiers personnages), le jeune fermier devient illustrateur et parachève sa mue par une formation de graphisme. « Aux environs de 2010, des amis m’ont inscrit à la Foire aux croûtes à Brest et je me suis retrouvé à vendre mes créations avec aucune idée de comment m’y prendre ou fixer les prix ! », sourit-il.


« J’aime l’absurde car il permet une forme de narration chaotique dans un univers qui se tient. »


Installé aujourd’hui à Plérin, c’est pourtant un auteur accompli que nous rencontrons, doué d’un regard précis, d’un trait net et d’une forme d’humour salvatrice mêlés à une solide culture littéraire. Un condensé que l’on retrouve à chaque sortie de Panamax, fanzine un poil déglingué regroupant haïkus de génie, micro-strips absurdes, textes à la fois ingénus et acerbes et extraits de projets au long cours sur lesquels il travaille. Au rythme de deux sorties par an, Panamax lui laisse donc le temps de se consacrer à des parutions plus conséquentes comme ce fameux Lendemain de cuite avec Lucrèce, roman graphique jouissif illustrant parfaitement son attrait pour les grands textes philosophiques et un certain sens de la dérision hérité de son amour pour l’œuvre de Goossens. « J’essaie de rester le plus loin possible de la caricature, du cynisme et préfère une approche plus douce de la parole du dessinateur que ce à quoi peut réduire le dessin de presse par exemple. J’aime l’absurde car il permet une forme de narration chaotique dans un univers qui se tient. C’est ce décalage qui m’intéresse. » Un credo plutôt bienvenu dans un milieu de l’édition parfois trop polarisé par les débats sociétaux de notre temps…


- Marc


denysmoreau.com


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