De Beaux Lendemains : Stabat Mater Furiosa
Le poème dramatique Stabat Mater Furiosa est de ces trésors qui ne veulent pas se contenter de l’espace étroit de nos fors intérieurs.
Ils frappent à nos bouches.
Ils réclament nos voix.
Ils nous intiment de brusquer l’impudeur de dire aux autres les mots qui bouleversent.
« Il ne peut y avoir d’équivoque : l’adresse est clairement aux spectateurs à qui la comédienne fait face. La dureté de l’invective ne peut être une objection : il n’y a là nulle injustice, chacun étant un jour ou l’autre, par action, par pensée ou par omission, le Dieu de la Guerre. »
Jean-Pierre Siméon
Dans un dispositif scénique minimal, simplement mis en lumière, il s’agit moins de chercher une représentation de « celle qui refuse de comprendre » — elle n’est ni nommée ni identifiée, et « l’homme de guerre » en face non plus — que d’en incarner la parole et sa matière poétique, sa respiration, sa fluctuation, les contrepoints qu’opère l’affrontement des verbes de la vie et de la violence, et la tension soutenue sans appel d’un bout à l’autre de la « prière ».
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