N°199

octobre 2018
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Carte blanche à Sandra Enel - Mais vous rêvez !

2 octobre 2018

La passion du théâtre jeune public

Carte blanche à Sandra Enel - Mais vous rêvez !


Faire du théâtre jeune public est un choix et un engagement. J’y trouve cet espace de liberté poétique dont j’ai besoin pour créer, qui oscille entre rêve et émerveillement. Plus je m’adresse aux petits et aux tout-petits, plus l’exigence et la responsabilité sont grandes. C’est un jeu d’équilibriste que d’écrire pour ces petits hommes et ces petites femmes mais aussi pour les plus grands qui les accompagnent. C’est une recherche qui avance au fil des rencontres et des créations.


J’ai fait le choix de créer avec les enfants. Je dis "avec" parce que je ne peux plus créer sans être en lien avec les publics auxquels je m’adresse.
Et c’est bien là qu’il faut que je vous parle.
Sachez que j’ai rencontré des enfants qui ont été enlevés à leurs rêves ! Des enfants qui ont perdu le droit de rêver et d’espérer. Ces derniers m’ont fait comprendre que le rêve n’est plus à l’honneur. Malheureux qui ose imaginer le monde autrement qu’à travers le prisme de Koh Lanta ou de Call of Duty ; il est taxé d’imbécile et de ringard. Les rêves de possession, de consommation et de puissance enthousiasment démesurément ces enfants. Mais leurs permettent-ils d’être au monde librement ? Quand je leur parle d’une histoire de main magique qui peut les aider à trouver la rectitude, à s’enraciner dans la terre comme des arbres qui ne demandent qu’à pousser jusqu’à ce que leurs cimes touchent le ciel, ils me regardent d’un air affligé.
Où sont passés tous ces enfantillages nourris de bouts de ficelle et de petits cailloux qui permettent de faire naître la créativité de ceux qui les portent bien au chaud dans le font de leur poche ?
Et pourquoi ces enfants ne s’autorisent-ils plus à rêver ?
Ah oui, c’est vrai… vous pourriez me dire que le rêve et la réalité ne font souvent pas bon ménage, que le rêve, c’est bien joli mais qu’en vrai, ce n’est pas possible… J’entends déjà ceux qui me répondront "Il est temps de grandir un peu, non ?!" Comme si grandir sonnait le glas des rêves. C’est en fait un bien gros mensonge.
Et si nous décidions de libérer ces enfants !
Et si nous offrions à leurs rêves de l’espace et du temps pour grandir !
Et si nous décidions de leur raconter aussi le beau et l’émerveillement !
Dire à nos enfants qu’ils ont le droit d’y croire… tout comme nous.
Qu’ils ont le droit de s’arrêter… tout comme nous.
Juste s’arrêter.
Et ne rien faire.
Quelques instants.
Pour écouter.
Et regarder naître.

Mais vous rêvez !


Racines - spectacle à découvrir en octobre 2018 à Loudéac © Bertrand Cousseau


Après s’être formée au centre d’étude théâtrale Le Samovar à Paris, Sandra Enel voyage pendant 10 ans entre la France, l’Italie et la Pologne, travaillant comme metteure en scène, assistante à la mise en scène ou comédienne pour une vingtaine de productions, de l’opéra aux théâtres en passant par l’espace public. En 2010, elle fait le choix de poursuivre sa recherche au sein de la Cie Gazibul à St-Brieuc en se confrontant au regard des enfants. Outre son travail de scène, elle propose des ateliers théâtre pour enfants, jeunes, adultes, comédiens, chanteurs ou musiciens. Son prochain spectacle, Racines, est à découvrir le 17 octobre 2018 au Palais des Congrès et de la Culture à Loudéac puis les 6 et 7 décembre 2018 à Mosaïque au Mené.
www.gazibul.com

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